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Date de création : 31.05.2007
Dernière mise à jour : 20.11.2009
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Entretien avec le ministre des Enseignements maternel et primaire, Félicien Chabi Zacharie, au sujet

Publié le 28/10/2009 à 14:28 par didierhoundenou

«Avant le 15 novembre, la situation sera corrigée... »
'Les effets de la longue grève à la fonction publique déplorés'

Au cours de la tournée gouvernementale, de la semaine dernière, pour la remise des clés des nouvelles classes dans toutes les localités du Bénin, le ministre des Enseignements maternel et primaire, Félicien Chabi Zacharie est revenu sur quelques aspect du Programme de construction et de réhabilitation des écoles primaires publiques du Bénin. Il s’est également prononcé sur les problèmes des manuels scolaires pour cette rentrée scolaire, le reversement des enseignements communautaires en contractuels de l’Etat, et la situation des élèves-instituteurs.


Avec les opérations de remise de clés dans toutes les communes du Bénin, le problème de manque de classes est-il encore d’actualité ?

Le déficit est énorme en termes de salles de classe. Ces déficits sont comblés au prorata des moyens disponibles. En 2010, les priorités seront définies de concert avec les mairies. Ce ne sera plus le ministère qui va les fixer. Si, Ouéssé a par exemple 10 modules, on y descend, et le maire avec ses conseillers, nous disent leur ordre de préférence. Un comité de suivi sera en même temps mis sur pied et composé du Chef de la circonscription scolaire et d’une équipe de la mairie. Leur responsabilité est de suivre les chantiers sur le terrain. Au lieu, d’attendre une équipe extérieure pour contrôler l’évolution des travaux, ce comité pourra nous informer au fur et à mesure des problèmes qui se poseraient sur le terrain, avant que l’équipe du ministère ne descende.

Le projet de construction des logements pour les enseignants, a-t-il pris en compte ceux des zones urbaines ?

La priorité est donnée aux zones rurales. Les constructions de salles de classe seront accompagnées de logement. C’est une politique que l’Etat est en train d’essayer au tant que possible, dès que les moyens seront disponibles. C’est une initiative qu’il faudra généraliser, surtout dans les milieux ruraux. Lorsqu’un enseignant arrive dans un village, ce n’est pas évident qu’il trouve rapidement un logement décent. Or il a besoin de bonnes conditions pour mieux assumer sa mission. L’effort sera donc fait dans ce sens et le gouvernement ne perd pas de vue cette dimension importante.

Il est constaté quelques fissures et autres anomalies dans les classes réceptionnées dans certaines localités, êtes-vous satisfait ?

Toute activité humaine, n’étant pas parfaite, de la même manière, les constructions peuvent receler quelques petits défauts qu’on invitera les entreprises à corriger. Par ailleurs, il y a des bâtiments qui ne sont pas encore terminés. Nous sommes assez satisfaits dans l’ensemble. Pour ceux qui disent que le gouvernement ne fait rien, ils se trompent largement, parce qu’on ne peut pas tout faire en deux ou trois ans. Des efforts sont faits et si, nous continuons sur cette lancée, dans la construction des classes, nous viendrons à bout du problème de pénurie.

Dans certaines localités, l’effectif des filles est-il supérieur à celui des garçons et qu’est-ce qui explique cette situation ?

Cette situation ne doit pas vous surprendre dans la mesure où, tout récemment à Adja-Ouèrè, nous sommes allés lancer une campagne sous le thème « Tous les enfants à l’école ». Il y a deux ou trois ans, c’était « Toutes les filles à l’école ». Une campagne a été menée autour de la scolarisation des filles. C’est ce qui est en train de porter. Aujourd’hui, les statistiques qui, autrefois donnaient favoris les garçons sont en train de se changer, donnant les filles comme favorites. Lorsque nous avons constaté que la tendance est renversée, nous avons dit maintenant : « Tous les enfants à l’école ». Ce qui participe à encourager tout le monde sans distinction de sexe.
Nous avons essayé les indicateurs dans les localités, là où le taux de scolarisation est très faible, il y a eu des actions spécifiques qui sont menées pour encourager les parents à laisser les filles aller à l’école. Nous jugeons d’ailleurs, cette situation normale.

Dans toutes les doléances enregistrées dans les différentes écoles que vous avez visitées, la clôture des écoles revient à chaque fois. Comment votre département compte-t-il régler ce problème de sécurité pour les usagers de l’école ?

C’est un problème réel. Effectivement la clôture que les gens demandent serviront à assurer la sécurité des enfants, surtout les écoles qui sont à proximité des grandes voies de circulation, afin d’éviter des accidents. C’est utile. Mais, pouvez-vous être en train de construire des clôtures aux écoles qui ont déjà bénéficié de nouveaux modules, pendant que d’autres n’ont même pas encore de classes suffisantes ? Il faut choisir. Moi, lorsque je veux construire une maison, je commence par la maison avant de penser à la clôture. Et çà, c’est mon point de vue.

Entre 2 000 classes et 500 modules, quels chiffres, il convient de retenir pour cette opération de remise des clés sur toute du territoire national?

En réalité pour avoir des modules, il faut partir des salles de classes. Les modules sont souvent de trois salles de classe. Si, vous avez le nombre de salles, il suffit de diviser pour avoir le nombre de module.
Parmi les salles de classes réceptionnées, certains sont construites par la Bid et le gouvernement, ou par le Fast-track. Y-a-t-il encore d’autres partenaires qui interviennent dans ce domaine ?
En réalité le programme de 6000 salles de classes, est vaste et soutenu par plusieurs financements. Il y a d’abord les efforts du gouvernement qui sont inscrits dans le budget national, mais il y a également des ressources extérieures qui sont prévues au budget national, parce que nous avons opté pour la budgétisation de tout ce qui est ressource de l’Etat. Donc, les partenaires qui veulent aider le Bénin se sont retrouvés au sein de ce qu’on a appelé le Fast-Track où vous avez la Banque mondiale, les Danois, les Pays-Bas etc. Ceux-là se sont constitués dans un groupe qu’on a appelé le Fonds commun budgétaire. Là, c’est toujours le Fast-Track appuyé par la Banque mondiale. Le budget national a aussi une ligne qui lui permette de construire les salles de classe. C’est ce qui est baptisé Projet de construction et de réhabilitation des écoles primaires publiques au Bénin. Il y a d’autres programmes financés par la Banque islamique de développement (Bid) qui est dans sa troisième phase et sur le point d’achèvement.

Actuellement, nous sommes entrain de négocier la Bid 4 qui sera conclu d’ici à là. Il y a également les Japonais qui nous assistent, dans le cadre de la coopération nippon-béninoise. Donc, en fonction de la source de financement, bien qu’il soit contenu dans le budget national, il y a le partenariat qui joue, et les sources de financements varient en fonction de ce partenariat.

Cette année, il s'est posé le problème de l'existence de deux manuels sur le marché, votre département a essayé de rectifier le tir, mais pouvez-vous, nous éclairer davantage sur ce problème ?

Il n’y a pas de polémique à faire. Vous savez, dans ces genres de choses, lorsque la presse et le syndicat s’en mêlent, on dramatise un peu. Mais, ce qu’il faut reconnaitre d’entrée de jeu, est qu’il y a quelque peu, un retard dans les commandes que nous avions lancées et de payement au profit des fournisseurs qui, à un moment ont attiré l’attention sur l’effet que cela peut donner. Du coup, les manuels n’ont pas été renvoyés dans les écoles puisqu’ils n’ont pas été fabriqués à temps pour être mis à la disposition du ministère qui à son tour les aurait distribués. Nous ne savons pas, par quelle manière, certains enseignants ont trouvé des manuels qu’ils ont répandu sur le marché, des manuels du CI et Cp qui sont des manuels reformés et contenant des mesures correctives.

Mais, il y a deux effets qu’il faut suivre de près. Il y a ceux qui avaient les anciens manuels qui voudraient les écouler, qui aujourd’hui, sont pris de cours dans leurs actes. Car lorsqu’on envoie des livres et on y met « A ne pas vendre », il y en a qui trouve le malin plaisir de les détourner et de les garder. Aujourd’hui, ils ont du mal à écouler leur produit. Ce qui a aussi, créé des problèmes. Ce que nous promettons fermement, c’est qu’avant le 15 novembre, la situation sera corrigée, les formations seront faites. On avait le choix entre deux formules à savoir garder les manuels corrigés pour l’année prochaine et utiliser les anciens pour cette année. Mais, une année dans la vie d’un homme, c’est beaucoup de chose. Nous avons dis, même si c’est en retard qu’il faut mettre les nouveaux manuels à disposition, il faut le faire en le commençant cette année. Ce qui a provoqué un petit flottement qui n’est pas de notre fait, ni de celui de l’éditeur. Il y a d’autres problèmes qui sont sous adjacents. Il y en a qui ont trop exagéré le problème.


Le reversement des enseignements communautaires en contractuels de l’Etat semble avoir du plomb dans l’aile. Que se passe-t-il ?

Aujourd’hui, il n’y a pas de contrat d’agent communautaire à reverser qui ne soit pas signé par le ministère des Enseignements maternel et primaire. Tous les contrats ont été déposés au niveau du ministère de la Fonction publique. Plus de la moitié de ces contrats (8 600), à savoir plus de 4 700 contrats ont été envoyés, ont reçu des matricules et sont envoyés au ministère des Finances. Ces 4700 contrats reçoivent déjà leurs salaires.
Je ne vous apprends rien, en disant que les agents du ministère de la Fonction publique sont en grève depuis plusieurs mois, alors que c’est à eux de donner ces numéros de matricules avant que le reste des contrats signés soit déposé. S’ils ne font pas le travail, nous nous ne pouvons aller prendre les contrats et les déposer au ministère des Finances. Donc, il y a un problème entretenu par certains corps de l’Etat. Maintenant on va se poser la question de savoir pourquoi le gouvernement ne règle-t-il pas le problème des agents de la fonction publique ? Le problème qui se pose à la fonction publique est la délocalisation de leur service à cause de leur proximité avec la cimenterie.

A cause de ce problème le gouvernement a refusé de donner son aval pour l’extension de la cimenterie à Xlacodji. Si le gouvernement a été conscient de la chose et qu’il cherche des solutions appropriées, les agents peuvent reprendre pour ne pas pénaliser leurs collègues des autres ministères. Mieux, la chose s’est compliquée, dans la mesure où le gouvernement a décidé de prendre l’ancien bâtiment du ministère des Affaires étrangères pour abriter les agents de la fonction publique. Les agents des Affaires étrangères se soulèvent à leur tour pour dire qu’ils ne cèdent pas le bâtiment. Finalement, c’est à eux qu’appartient le bâtiment ou bien à l’Etat ? Je ne comprends pas.

On cherche à créer des problèmes qui nous font tourner en rond. Ce qui veut dire que ce sont des choses réfléchies. On veut créer des difficultés au gouvernement. C’est de cette manière que je vois la chose à mon niveau. Je crois qu’il va falloir qu’on sache raison gardée qu’on retourne au dialogue et qu’on s’entende sur les problèmes. Nous-mêmes, au ministère des Enseignements maternel et primaire, nous avons reçu des courriers qui menacent de troubler l’année. Je me suis dit, mais, quel intérêt un Béninois a-t-il à troubler une année scolaire ? Que les enseignants soient en train de travailler, nous allons discuter pour trouver solution aux problèmes qu’ils posent.


Les élèves instituteurs sont actuellement en stage dans les différentes écoles. De quoi retourne ce changement à la fin de leur formation alors qu’il était prévu qu’ils passent par le service militaire ? Semble-t-il qu’ils ont signé un contrat au début de leur formation qui les empêche d’être automatiquement engagés par l’Etat à la fin de leur formation.

En fait, c’est une proposition négociée. Ils peuvent suivre deux ans de formation, sortir et aller faire le service militaire. Ce n’est pas exclu, ni interdit. Nous avons dit qu’il est aussi possible, pendant l’année de stage que l’enseignant passe sur le terrain, qu’il puisse effectuer son service militaire. Ce qui lui fera gagner un an. Si on lance un concours pour retenir ceux qui ont fait le service militaire, il sera déjà prêt. Donc, c’est une proposition qu’on leur a faite et qu’on a négociée. Ils ont été d’accord. Il y en a, à Dogbo qui ont contesté la chose, mais ils ont écrit par la suite pour dire qu’ils ont compris ; parce que nous les avons sensibilisés sur la question, car tout le monde ne peut pas comprendre au même moment. Il n’y a pas de polémique à faire autour, ce sont nos enfants !





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